Dans la continuité de son rapport « Carton rouge – Le marketing agressif des paris sportifs » publié il y a un an, Addictions France dévoile, ce jeudi 17 septembre, les résultats de ses observations menées durant la Coupe du monde 2026. Cette compétition a été, une fois encore, l’occasion d’un réel matraquage publicitaire de la part des opérateurs de paris sportifs. Cet été, les paris sportifs étaient partout, banalisant une pratique à risques et actant l’échec des règles actuelles encadrant leur publicité. Sur les réseaux sociaux par exemple, 70 % des contenus publiés par les opérateurs de jeux ne respectaient pas le cadre légal ou les règles de l’ANJ.

Télécharger le rapport

Une publicité massive qui se joue du cadre réglementaire

Les paris sportifs constituent un réel risque sanitaire. Alors que 63% du produit brut des jeux des paris sportifs provient de joueurs problématiques, il a été impossible de leur échapper pendant la Coupe du monde. 

En termes de publicités pour des paris sportifs, Addictions France a relevé un jour de match de l’équipe de France :  

  • 9 publicités en moyenne en l’espace d’un match sur la chaîne M6 
  • jusqu’à 46 publications 
  • 1 publicité toutes les 2 minutes dans les transports en commun sur un trajet entre la Seine-Saint-Denis et Paris

Les opérateurs de paris ont tout fait pour que des millions de personnes soient exposées de manière répétée à leur attirail publicitaire. Une personne ayant suivi tous les matchs diffusés gratuitement sur M6 en prime time a ainsi pu être exposée à 338 publicités. Addictions France a aussi dénombré parfois jusqu’à 17 publicités dans les grosses stations de métro parisiennes.  

Cette stratégie fut payante : selon l’Autorité nationale des jeux (ANJ), le montant des mises de cette édition s’est élevé à 1,3 milliard d’euros, soit plus du double de l’édition de 2022 au Qatar.

 

70% des contenus observés sur les réseaux sociaux ne respectent pas la loi

Au-delà de cette exposition massive, Addictions France dénonce le non-respect du cadre réglementaire, en particulier sur les réseaux sociaux. Sur les 671 contenus publiés par les opérateurs de jeux sur les réseaux sociaux, 70% ne respectaient pas le cadre légal ou les lignes directrices de l’ANJ : 

  • Le message sanitaire était absent ou non-conforme dans 348 publications, soit 51% des contenus observés.  

  • Plus de 30% des publications observées étaient susceptibles d’attirer un public mineur.  

  • Au final, seuls 201 contenus postés sur les plateformes pouvaient être considérés comme conformes au cadre légal. 

Côté influenceurs, les chiffres sont encore plus catastrophiques : 78% des contenus sur les paris sportifs postés par les 4 influenceurs observés par Addictions France n’affichaient pas de message sanitaire et 37% des publications pouvaient plaire à un public mineur. Addictions France estime que seulement 8% des contenus publiés par ces influenceurs étaient parfaitement conformes et respectueux du cadre réglementaire¹.

Aujourd’hui, Addictions France reçoit des témoignages de parents démunis face à leurs très jeunes enfants qui connaissent tout des opérateurs de jeux et voient le pari comme indissociable du sport.

 

Pour un encadrement du marketing des paris sportifs  

Les opérateurs de paris et les influenceurs ont tout fait pour contourner les limites d’un cadre légal pourtant déjà très permissif. Face à leurs manquements répétés, Addictions France a peu de moyens d’action. A ce jour, aucun des 21 contenus signalés aux plateformes par Addictions France au titre de signaleur de confiance n’a été retiré.

Addictions France attend de l’ANJ qu’elle prenne des sanctions à l’encontre de ces acteurs s’affranchissant des règles de droit et des lignes directrices qu’elle a elle-même définies. Addictions France réitère son appel à renforcer beaucoup plus strictement les règles encadrant le marketing autour des paris sportifs. Un texte est déjà sur la table de l’Assemblée nationale : en juin dernier, le député Emmanuel Duplessy a déposé une proposition de loi visant à mieux réguler la publicité pour les paris sportifs. Addictions France appelle les parlementaires à l’inscrire à l’ordre du jour des derniers débats de la législature.  

L’encadrement du marketing des paris sportifs est plus que jamais une exigence de santé publique. Le Gouvernement et les parlementaires doivent agir et ne plus céder aux arguments des opérateurs économiques.  

¹ Ce chiffre de 92% de publications non-conformes correspond à tous les manquements confondus relevés par Addictions France (absence du message sanitaire, contenu susceptible de plaire aux mineurs, etc.) 

***

À propos d’Addictions France :

Reconnue d’utilité publique et agréée d’éducation populaire, Association Addictions France est un acteur majeur et historique de la santé publique fondé en 1872 par Louis Pasteur et Claude Bernard. L’association agit au plus près des populations et intervient sur toutes les addictions (tabac, alcool, cannabis, médicaments psychotropes, pratiques de jeux excessives, drogues illicites et autres addictions sans substance). Elle est également force de proposition pour faire évoluer les opinions et contribuer à la mise en place d’une politique cohérente sur les addictions.

 

Contacts presse :

Noémie SOULA – presse@addictions-france – 06 82 72 78 67