Et si Addictions France s’arrêtait de fonctionner ?
En France, la pauvreté et les inégalités atteignent des niveaux historiques. Pourtant, pour la première fois depuis des décennies, les financements publics consacrés aux solidarités sont en baisse. Addictions France se joint à la mobilisation associative nationale du 12 au 17 octobre 2026 pour protester contre cette situation.
Chaque année Addictions France accompagne plus de 100 000 personnes. Que se passerait-il vraiment si demain l’association devait réduire ou cesser son activité ? Les conséquences de la baisse des financements qui fragilisent le secteur associatif, seraient bien concrètes.
Les associations, des acteurs essentiels de la cohésion sociale
Alors que les besoins sanitaires et sociaux ne cessent d’augmenter, les associations de la solidarité sont contraintes de réduire leur activité. La baisse des financements entraîne la fermeture de places d’hébergement, l’arrêt de dispositifs d’accompagnement, la dégradation des conditions de travail… Les associations puisent dans leur réserve, et certaines sont contraintes de fermer leurs portes.
Pourtant, les associations sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale. L’arrêt de leurs activités a des conséquences très concrètes. C’est pourquoi Addictions France s’associe à la mobilisation initiée par l’UNIOPSS et met en lumière ce qui se passerait si l’association arrêtait vraiment ses activités auprès des personnes qu’elle accompagne quotidiennement.
Les addictions, un enjeu majeur de santé publique en France
Les addictions représentent en France un enjeu majeur de santé publique, tant par leur ampleur que par leur coût humain. La problématique est largement répandue. Près de la moitié de la population française (47%) se déclare concernée par les addictions, personnellement ou via un proche. le tabac reste aujourd’hui la première cause de décès évitable en France, l’alcool tue 41 000 personnes par an et 1,16 millions de joueurs de jeux d’argent et de hasard sont en perte de contrôle.
Pourquoi l’action d’Addictions France est essentielle
Addictions France est la première association gestionnaire de centres d’addictologie. Elle en gère aujourd’hui 106 sur le territoire métropolitain, en Corse et à la Réunion. Cette activité regroupe l’action des CSAPA, des CAARUD et des consultations avancées. Cela représente au total 102 171 personnes accompagnées chaque année.
À cela s’ajoute son action auprès des jeunes. L’association sensibilise chaque année 86 000 jeunes à la problématique des addictions et accueille des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) dans ses centres et hors les murs. Le but est de proposer un accompagnement adapté aux besoins des plus jeunes.
Addictions France, c’est aussi des programmes auprès des personnes les plus fragiles, souffrant d’addictions, souvent isolées ou marginalisées. L’association propose notamment des solutions d’hébergement et déploie des d’équipes mobiles en zones rurales. Enfin, elle intervient en milieu festif afin de faire de la prévention et de mettre à disposition des outils réduction des risques et des dommages (distribution de matériel stérile, dépistage, vaccination, etc.).
Derrières ces actions, des hommes et des femmes cherchent du soutien, une aide pour réduire ou arrêter leurs consommations, et reprendre le contrôle sur leur vie.
Et si demain Addictions France s’arrêtait ?
Du jour au lendemain, 100 000 personnes seraient privées d’accompagnement
Les personnes prises en charge par l’association verraient leur parcours interrompu :
- 102 171 ne seraient plus suivies. Les conséquences de cette rupture de soins entraîneraient des risques de rechute, d’overdose et d’aggravation psychiatrique.
- 500 000 consultations par an disparaîtraient ce qui surchargerait massivement les hôpitaux et les médecins. Déjà eux-mêmes surchargés, les délais d’attente exploseraient.
- Les traitements de substitution (alcool, opioïdes) seraient interrompus ou erratiques. Pourtant l’arrêt brutal d’un sevrage encadré est un risque vital direct.
Des personnes vulnérables se retrouveraient sans solution d’hébergement
Les résidents des dispositifs de soins résidentiels d’Addictions France se retrouveraient sans solution d’hébergement adaptée. Souffrant d’une grande précarité et de pathologies lourdes, ils seraient contraints d’être hospitalisés ou de retourner à la rue.
Des territoires entiers seraient privés d’une offre de soins en addictologie
Des zones rurales entières perdraient leur seule offre de proximité. Cela impliquerait pour un renoncement aux soins ou une réorientation vers l’hôpital de proximité déjà sous tension, quand il leur serait possible de s’y rendre malgré la distance.
La pression pèserait sur le système de santé et l’hôpital
Aujourd’hui, 246 000 hospitalisations par an sont liées à l’alcool. Faute de prévention et de soins ce chiffre augmenterait mécaniquement, tout comme les 41 000 décès attribuables à l’alcool et les 75 000 morts liés au tabac. Au-delà de ces chiffres, c’est tout le modèle social qui est fragilisé par les additions. Les coûts sociaux de cet enjeu de santé sont chiffrés à plusieurs dizaines de milliards d’euros selon l’OFDT.
Chaque jour, les associations assurent des missions essentielles auprès des publics vulnérables. Pour Addictions France, réduire les moyens consacrés à l’accompagnement des ces publics, c’est fragiliser l’accès aux soins, la prévention, et la prise en charge de milliers de personnes.
C’est pour éviter cette situation dramatique qu’Addictions France a rejoint la mobilisation nationale portée par l’Uniopss « Et si nous arrêtions vraiment ? »
Avec toutes les associations mobilisées, Addictions France appelle les pouvoirs publics à faire le choix de la solidarité et à garantir les moyens nécessaires pour poursuivre les missions d’intérêt général.